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la médina de Sousse

publié le  21  I  02  I  2025


entre intentions louables et nécessité d’action pragmatique

- Vers un partenariat entre l’Association de Sauvegarde de la Médina et l’Ordre des Architectes de Sousse -


Réunis le 19 mars 2025 à Dar Echaraa, cœur historique de la Médina de Sousse, les membres de l’Association de Sauvegarde de la Médina (ASM) ont accueilli une délégation de la section régionale de l’Ordre des Architectes de Sousse pour une réunion de travail autour d’un partenariat à construire. À l’ordre du jour : la question cruciale de la réhabilitation du tissu urbain ancien et la place à redonner à l’architecte dans cette dynamique.

Un point d’alerte a rapidement émergé : le « Guide architectural » envisagé par l’ASM ne peut avoir de portée réelle s’il n’est pas d’abord pensé comme un outil urbain, porteur de valeurs, de typologies, et de potentiels de régénération. Car une ville ne se préserve pas uniquement pour sa mémoire ; elle se régénère aussi par sa capacité à produire des ressources, à recréer du lien et du désir d’habiter.

La Médina de Sousse représente à ce titre un point d’ancrage essentiel pour toute tentative de revitalisation de l’hypercentre. Comme l’ont montré de nombreuses villes méditerranéennes, la régénérescence des centres historiques n’est ni linéaire ni automatique ; elle exige un effort coordonné et lucide. À bien des égards, Sousse suit aujourd’hui la trajectoire amorcée, il y a une quinzaine d’années, par la Médina de Tunis : apparition de maisons d’hôtes, ouverture de restaurants, premiers signes de gentrification... mais sans pour autant bénéficier des mêmes ressources ou de la même visibilité.

Une dynamique paralysée par les lourdeurs administratives:

Le principal frein à cette régénérescence reste d’ordre institutionnel et administratif. Un décalage profond subsiste entre les ambitions affichées par les autorités locales et la réalité de terrain, plombée par l’inertie de l’Institut National du Patrimoine (INP) et l’absence d’une politique volontariste. Résultat : les citoyens, souvent modestes, n’ont ni les moyens ni les repères pour restaurer leur logement dans le respect des normes patrimoniales.

Trois phénomènes se superposent et s’aggravent mutuellement :

• L’urgence sociale, qui pousse les habitants à faire des réparations rapides, souvent inadaptées, voire dangereuses pour le bâti ;

• L’attrait pour des standards dits « modernes », qui entraînent des transformations radicales du tissu urbain, comme le passage des maisons à patio à des immeubles alignés sur rue, en rupture avec la logique introvertie et intimiste de l’habitat médinal ;

• La complexité des procédures légales, qui détourne les habitants du recours à l’architecte et encourage les constructions illégales, anarchiques, souvent irréversibles.

Ainsi, l’architecte devient un acteur marginal, voire un simple tampon administratif pour l’obtention du permis de construire, alors même que son rôle devrait être central dans la régénérescence du patrimoine urbain.

De l’initiative bénévole à l’expérimentation concrète:

L’ASM propose aujourd’hui de mobiliser, avec l’aide de l’Ordre, des architectes volontaires pour accompagner les habitants les plus démunis dans la réparation de leur logement. Cette initiative est précieuse. Mais elle ne saurait, à elle seule, suffire à inverser la tendance.

Ce dont la médina a besoin, c’est d’opérations pilotes, de projets ciblés, concrets, à échelle humaine. Ces interventions maîtrisées, visibles, peuvent créer un effet d’entraînement et restaurer la confiance des habitants dans les démarches légales. Elles permettent également aux professionnels, aux associations, aux institutions de se coordonner de manière plus efficace, et au Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) — réactivé depuis 2023 selon La Presse — de jouer pleinement son rôle de cadre référentiel.

Loin des incantations globales, ces petites victoires urbaines peuvent devenir des modèles reproductibles. À Sousse, l’enjeu est d’autant plus fort que, comme le rappelait un article du 13 février 2025 (La Presse), la médina fait aujourd’hui l’objet d’un ambitieux plan de sauvegarde. Encore faut-il que ce plan s’incarne dans des actions palpables.

Pour un « Guide du bon citoyen de la Médina »:

Un autre outil apparaît aujourd’hui indispensable : un « Guide administratif » — ou plutôt un « Guide du bon citoyen de la Médina de Sousse ». Il s’agirait d’un manuel simple, illustré, pratique, co-rédigé par l’ASM, l’INP, la municipalité et l’Ordre, expliquant :

• les démarches pour rénover ou agrandir légalement une maison dans la médina,

• les principes fondamentaux de l’urbanisme médinal (mitoyenneté, ensoleillement, circulation de l’air, intimité, etc.),

• des techniques de construction traditionnelles ou leurs équivalents contemporains compatibles avec l’esprit des lieux,

• des exemples de rénovations réussies, avec analyse des facteurs de succès.

Ce guide, avant tout pédagogique et accessible, aurait pour ambition de redonner confiance aux habitants, de réconcilier la médina avec ses citoyens, et de faire de l’architecte non plus un obstacle administratif, mais un allié au service du projet.


La sauvegarde de la médina ne pourra réussir que si elle est collective, incarnée, ancrée dans le réel. Et c’est peut-être par des gestes modestes, mais répétés, qu’elle retrouvera peu à peu l’âme que la bureaucratie menace d’étouffer.

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